lundi 30 janvier 2012

A la rencontre du Taj Mahal

Après une nuit glaciale à se faire dévorer par les moustiques et avoir assez peu dormi, le train entre en gare de Tundla à 11h30, soit avec 5h de retard. Le programme de la journée est donc compromis. 



Enfin pour le moment il nous faut rejoindre Agra, à 25 km. Nous marchons jusqu'à un grand carrefour, on nous indique le bus en direction d'Agra, il est en train de partir, nous sautons dedans en marche et c'est parti. Dans le bus nous n'arrivons pas à savoir où descendre exactement, une fois arrivés dans Agra nous descendons, choppons un vieil escroc auto rickshaw puis cherchons un hôtel tout près du Taj Mahal. Une fois posés nous faisons un tour du quartier de Taj Ganj. Les rues sont pleines de petites maisons de couleurs vives, les enfants nous courent après en criant "Hello", le sourire aux lèvres, les yeux joyeux et les vêtements poussiéreux. La pauvreté est vraiment plus visible et plus importante ici que dans les autres pays que nous avons traversés, nous commençons à comprendre tous les ressentis sur l'Inde des voyageurs que nous avons rencontrés. On s'y attendait mais on se disait aussi que tant que tu l'as pas vu et vécu, tu ne sais pas vraiment ce qu'il en est. Du coup c'est avec un certain malaise que l'on découvre un peu plus le pays.



Vue sur la porte sud du Taj depuis un toît-terrasse
Le lendemain matin nous nous réveillons très tôt pour visiter le Taj Mahal au lever du soleil. Nous sommes au guichet à 6h30, il y a déjà un peu de monde et les portes n'ouvrent qu'à 7h. Le temps que la queue s'écoule et que nous passions le contrôle de sécurité, nous franchissons les portes et le soleil s'est déjà levé... Cependant, lorsque nos yeux se posent sur l'édifice, sa beauté fait quand même son petit effet.

La photo classique du Taj Mahal


Pour la petite histoire le Taj Mahal a été bâtit au nom de l'amour de l'empereur Shah Jahan envers sa seconde épouse, Mumtaz Mahal, dont le tombeau fut érigé dans le bâtiment principal. Mumtaz trouva la mort en donnant naissance à leur 14ème enfant en 1631. L'empereur au coeur brisé entreprit la construction du mausolée la même année pour l'achever en 1653. Près de 20000 ouvriers et artisans d'Inde ainsi que des spécialistes venus d'Europe ont participé à sa minutieuse conception. Inscrit au Patrimoine Mondial de l'Humanité et classé parmis les 7 merveilles du monde moderne, le Taj Mahal est considéré comme le plus beau monument du monde.

Nous prenons quelques heures pour visiter le site dans les moindres recoins et apprécier la perfection et l'asymétrie du mausolée.




La mosquée

Le sol de la mosquée




A la sortie nous prenons un petit déjeûner avant de nous rendre à pieds à la gare principale, à 5 km, pour acheter nos billets pour Delhi (les seuls qui nous manquaient en fait). L'occasion de visiter un peu plus la ville même si les quartiers traversés n'avaient que très peu d'intérêt. Il nous faudra tout de même une bonne demie-heure pour parvenir à acheter nos billets de train. Nous avions bien nos passeports cette fois mais il leur faut une photocopie maintenant! Jamais simple ces histoires de billets de train. Enfin nous avons nos billets, nous partons à Delhi le lendemain.

Pour le moment, nous nous dirigeons vers le fort d'Agra en auto rickshaw (prépayé à la sortie de la gare histoire d'éviter les embrouilles).



Tout comme le Taj Mahal, le Red Fort d'Agra est une construction moghole. Originaires d'Afghanistan, les moghols conquirent Delhi en 1526, ce qui marqua les débuts de l'Empire Moghol. La construction de l'édifice militaire en grès rouge fut entreprise par l'empereur Akbar en 1565, son petit fils Shan Jahan (l'empereur à l'origine de la construction du Taj Mahal) le fit agrandir avant de le transformer en palais. Shah Jahan y fût emprisonné par son fils après que ce dernier l'ait détrôné, d'où il pouvait contempler le mausolée de sa bien-aimée depuis une fenêtre.





Vue sur le Taj Mahal depuis le fort


Ecureuil dans le jardin
du fort
















Nous passons une bonne partie de l'après-midi dans les jardins du fort avant de reprendre le chemin de Taj Ganj. Nous sommes affâmés et fatigués. Nous dînons tôt et nous couchons tôt, demain réveil à l'aube encore, direction la capitale!


INFOS PRATIQUES :

- Train de nuit Mughal Sarai - Tundla (alternatif au trajet direct Varanasi-Agra) : train N° 12401, départ 22h20, arrivée 6h30, 271 roupies en sleeper (4,20€). Se rendre à Mughal Sarai en auto rickshaw à 17 km de Varanasi
- Bus Tundla - Agra (25 km) : à la sortie de la gare continuer tout droit sur 2 km environ jusqu'à un grand carrefour d'où l'on prend le bus pour Agra, 20 roupies (0,30 €), environ 30 minutes de trajet
- Droit d'entrée au Taj Mahal : 750 roupies (11,50€)
- Droit d'entrée au Red Fort : 250 roupies (3,80€)
- Train Agra Cantt - New Delhi : train N° 12192, départ à 7h35, arrivée à 11h40, 215 roupies (3,30€) en sleeper

dimanche 29 janvier 2012

Premiers pas en Inde à Varanasi

Passer d'un pays à l'autre par une frontière terrestre peut parfois être long, voire très long. Pour ne pas perdre plus de temps nous avons pris un bus de nuit de Kathmandu à Bharaiwa (ville frontière côté Népal), comme prévu nous arrivons à 5h du matin, nous nous entassons ensuite dans une jeep pour les 4 derniers kilomètres jusqu'au poste frontière. Il est à peine 5h30 et le bureau d'immigration est fermé, nous attendrons jusqu'à 6h et le douanier aposera le tampon au saut du lit, des cacas d'oeil autour des yeux. Nous rejoignons le bureau d'immigration Indien, il fait encore nuit mais les rickshaws, taxi et autres chauffeurs sont déjà au taquet. Le douanier Indien tamponne enfin nos passeports. Une fois à Sunauli (ville frontière côté Inde) il nous faut prendre un bus pour Varanasi, nous savons qu'il y en a un qui part vers 7h alors nous attendons. Lorsque que nous sommes à bord le mec essaie de nous faire payer 2 fois le prix normal, on dit non, il dit si, on redit non et on lui dit qu'on l'a pas vu demander le même tarif aux autres passagers (tous Indiens ou Népalais). Bizarre?! Quand il comprend qu'on a compris qu'il voulait nous entuber il demande si on est étudiants, on dit oui (quoi?!), alors il dit gentiment qu'il veut bien nous entuber d'une fois et demi prix. Trop généreux. On lui dit qu'on s'en fout qu'on va prendre un autre bus, qu'on a un plan B. On a bien un plan B, mais c'est un plan galère. Tant pis, on se jète dessus comme des grands masochistes, c'est parti pour la galère et une longue, très longue journée de voyage. 

On prend donc un bus pour Gorhakpur, d'où nous espérions prendre un train direct pour Varanasi dans l'après-midi. Première galère : pas de train avant 23h15. Il est 10h30, on ne veut pas moisir ici toute la journée. On prend donc un rickshaw direction la gare routière, on trouve tant bien que mal un bus qui semble aller à Varanasi. On dit "semble" car ici quand tu poses une question on te répond par un petit balancement de tête de gauche à droite et ça peut vouloir dire "oui", "non", "je sais pas" ou encore "peut être". Alors débrouille toi avec ça. Le bus part et nous apprenons au moment de payer qu'il ne va pas "A" Varanasi mais "VERS" Varanasi... Nuance. 6h de route plus tard nous attendons à nouveau un bus pour Varanasi en gare de Ghazipur. Il part vers 18h, nous débarquons à Varanasi vers 20h30, on est claqués, il nous faut encore rejoindre les ghats et trouver un hotel. On se pose à la Scindhia Guest House, c'est un peu plus cher que ce que l'on prévoyait, toilettes et douche à l'extérieur mais la chambre est propre et on a une vue sur les ghats. Après une bonne nuit de sommeil ,le premier lever de soleil sur les rives du Gange est plutôt agréable...



Gandhi est sur tous les billets indiens, ici, 50 roupies
Varanasi se touve au nord de l'Inde, dans la région de l'Uttar Pradesh.  Les pélerins hindous viennent sur les ghats pour se laver de leurs péchés (ablutions) ou pour la crémation de leurs proches. Dans la religion hindoue, mourir à Varanasi permettrait de se libérer du cycle des réincarnations, c'est donc dans une ville fortement imprégnée de spiritualité que nous faisons nos premiers pas en Inde.





Notre voisin
Avant de découvrir la ville, nous avons une corvée mission à accomplir en ce dimanche 22 janvier : se rendre à la gare et acheter tous nos billets de train pour le séjour au bureau touristique. Sauf qu'on a pas pris nos passeports et sans passeports, pas de billets! On s'entend répéter plusieurs fois "It's written just here. You didn't read it before? No passports, no tickets" par le charmant moustachu derrière son bureau. Il nous énerve un peu celui-là. Bref, ce matin nous n'aurons aucun billet. 

Nous repartons donc, bredouille, à pieds vers les ghats et commençons notre découverte de l'Inde en traversant un bonne partie des ruelles de la ville. On a parfois l'impression d'être à la campagne en ville, ou l'inverse. Toujours est-il que l'on apprend vite à évoluer dans les rues au milieu des rickshaws, des vélos, des vaches, de leurs bouses à chaque coin de rue, des chèvres, des chiens galeux, des milliers d'Indiens dans les rues mais aussi les milliers de déchets. Ca grouille de vie, d'odeur (pas toujours des plus agréables) et de bruit. 






Dans les ruelles qui conduisent aux ghats de crémation il n'est pas rare de croiser des cortèges portant des corps sur des brancards en bambou. C'est une ambiance toute particulière qui règne dans ces ruelles. Nous finissons la journée au bord des ghats à observer chacun vaquer à ses occupations, locaux et touristes, sur fond de "Boat Sir, good time now, sunset time, very cheap". Le passe temps favori des enfants sur les ghats est le cerf-volant, on peut voir des centaines de losange colorés flotter au dessus de nos têtes.


Le petit collectionneur de cerfs-volants perdus


Le lendemain nous retournons à la gare, munis de nos passeports, fermement décidés à accomplir notre mission échouée de la veille. Le bureau de réservation est encore bondé de monde, nous attendons 1h30 mais une fois notre tour on ne lache plus notre ami moustachu jusqu'à obtenir tous nos billets jusqu'à Mumbai. We did it! Nous avons tout de même dû remanier notre itinéraire en fonction des jours de circulation des trains et des places disponibles, de ce fait nous n'irons pas à Khajuraho mais resterons une journée de plus à Varanasi.

Thali
Nous retournons déjeûner dans la vieille ville autour d'un thali (curry de légumes, yaourt au lait caillé, soupe de lentilles, riz et chapati) et d'un chana masala (curry de pois chiches).

Nous descendons le long des ghats, encore une fois nos yeux ne savent plus où donner de la tête. Trop de couleurs, trop de scènes de vie, une vue différente sur les ghats à mesure que l'on avance. Bref, nous accrochons bien avec les rives du Gange, bien plus calme que les ruelles voisines mais tout aussi sale il faut bien l'avouer, même si rien d'insurmontable.








Cricket
Le 3ème et dernier jour nous remontons le Gange jusqu'au Assi ghat en barque, l'occasion de découvrir les ghats depuis le célèbre fleuve.


Ghat de crémation





Lessive...





Nous nous promenons un peu dans les rues jouxtant Assi ghat, nous grignotons un chana samosa (curry de pois chiches et samosas) et remontons tranquillement jusqu'au ghat principal où se déroule une cérémonie hindouiste tous les soirs.




Nous repassons ensuite à l'hôtel récupérer les sacs et filons à bord d'un auto rickshaw vers la gare de Mughal Sarai à 17 km. Les trains directs de Varanasi à Agra étaient pleins pour le 3 prochains jours, nous ne pouvions pas attendre, le monsieur de l'UP Tourism dans la gare de Varanasi nous a donc proposé cette alternative. Merci à lui! Nous arrivons en avance à la gare, notre train ne part qu'à 22h20, nous prenons le temps de dîner, de retour dans le hall nous constatons que notre train est retardé... de 3 heures! Les retards de train sont très fréquents en Inde et pour notre premier trajet nous n'y échappons pas.


Et toutes les photos...



INFOS PRATIQUES :

- Bus local de nuit Kathmandu - Bhairawa : 600 roupies népalaises (6€), départ de la New Bus Park au nord de la ville à 19h30 ou 20h, arrivée à 5h du matin
- Jeep de la gare routière de Bhairawa au poste frontière (4 km) : 20 roupies népélaises (0,20€)
- Bus Sunauli - Gorakhpur : 60 roupies indiennes (1€), 3h
- Bus Gorakhpur - Ghazipur : 96 roupies indiennes, 6h de route, départs à priori réguliers (le notre était à 11h30 mais pas sûr qu'il y ai des horaires fixes), on ne conseille pas, mieux vaut trouver un bus direct qui a l'air d'exister mais qu'on a pas trouver
- Bus Ghazipur - Varanasi : 51 roupies indiennes, 2h30
- Le monsieur du bureau UP Tourism dans la gare ferroviaire de Varanasi est très sympa et efficace
- Penser à prendre votre passeport pour acheter des billets de train au bureau de réservation touristique et soyez patient...
- Balade en barque le long des ghats : de 100 à 150 roupies l'heure, à négocier, pour un aller simple de Scindhia ghat à Assi ghat compter 200 roupies

Food report : Népal

Nous n'avons pas trouvé la cuisine Népalaise très variée, nous nous sommes même un peu lassés (surtout durant le trek dans le Langtang), cependant, nous gardons tout de même quelques bons souvenirs, souvent assez pimentés! Il y a beaucoup de plats végétariens et lorsqu'il y a de la viande c'est souvent du buffle (pas de boeuf car la vache est ici un animal sacré).

Côté salé



Dal bhat
Plar national très bon marché, riz blanc (bhat), curry de légumes, soupe de lentille (dal
et achar (condiments épicés)


Thukpa
Soupe de nouilles épicée aux légumes


Pakoda de légumes (beignets de légumes)


Momos à la viande ou légumes
Autre plat national mais d'origine Tibétaine


Curry japonais aux légumes et fromage
Resto "Lotus", à Thamel - Kathmandu


Fromage de yak


Chowmein
Nouilles sautées aux légumes ou viande


Pains boule et Vache Qui Rit!
Pourtant loin d'être notre fromage français préféré mais nous l'avons élu repas roi lors de 
notre dernier séjour à Kathmandu

Côté sucré



 Juju dhau (spécialité de Bhaktapur)
Yaourt à l'ancienne servi dans un pot en terre


Patisseries Népalaises, très inspirées de l'Inde...
Au milieu les dalu shai


Yaourt de nack (femmelle du yak, la même qui fait le yak cheese en fait!)


Crumble choco/pommes
Au Snow Café à Freak Street - Kathmandu


Infusion à l'arbousier